24 juillet 2013

Au-delà du Web, fuir le concret

Depuis quelques temps, je suis inscrite sur un site de rencontre. En fait, pas un, deux. C'est une amie qui m'avait suggéré d'oser cette décision. C'est de cette manière qu'elle a rencontré des gens intéressants et qu'elle est tombée en amour. Ça fera bientôt deux ans qu'ils sont ensemble, son copain et elle. 

Et ce n'est pas la seule à avoir trouvé "la chaussure à son pied" sur un site du genre. Malgré mon grand scepticisme, j'ai décidé de tenter ma chance. Au cours de cette nouvelle démarche, j'ai découvert certains traits particuliers de ma personnalité. Je me suis rendue compte que j'étais vraiment une fille évasive, distante. 

Quand un gars intéressant m'approche, je me mets à lui parler d'une façon très amicale et sympathique. Puis, quand il me demande si on peut aller prendre un café ou un verre ensemble, je pars en courant. Je ne réponds plus à ses courriels, je joue à la morte. Sans aucun préavis. Je fais comme si notre conversation n'avait jamais existé. 

En d'autres mots, je suis cruelle. Sans même le vouloir, je joue avec ces hommes qui me portent attention. Je leur donne un peu de mon temps, j'attise les faux espoirs et hop, je disparais dans un trou noir. Je sombre dans un silence absolu. Qu'est-ce que cela raconte sur moi? Suis-je une mauvaise personne? What's up, doc?

En fait, pour être franche, dès que mes prétendants me demandent si je suis intéressée à les rencontrer, je panique. Je tombe en mode survie. Je commence à angoisser en me posant un nombre infini de questions. Même si je dis ouvertement sur mon profil que je suis une personne faisant de l'embonpoint, je me dis qu'ils n'ont peut-être pas lu mes informations générales, qu'ils n'ont pas vu mes photos. Ou que ces dernières ne me font pas justice quant à mon poids. Pourtant, je sais qu'elles montrent bien le fait que je ne suis pas une Barbie, loin de là. 

À partir de ce moment fatidique, de nombreux autres points d'interrogation me viennent à l'esprit. J'entame mon chemin de croix, truffé de dénigrement, de honte et de larmes. Je me déshabille devant le miroir pour torturer ma tête et mon image. Tout mon cheminement personnel en voie d'une quelconque acceptation meurt en une seule petite fraction de seconde. Pouf! Plus rien. Je ne vois plus que le négatif. Je triture mes bourrelets faits de gibelotte, je les cache sous plusieurs couches vestimentaires et je nie à nouveau la possibilité qu'une personne puisse m'aimer. 

C'est un cercle vicieux, je le sais bien. Et c'est malsain, je le sais aussi. Mais je ne peux pas m'empêcher d'embarquer encore et toujours dans cette roue empoisonnée, empoisonneuse, destructrice à souhait. J'imagine que je m'y plais et m'y complais. 

Au bout de quelques efforts, je parviens au haut de la montagne pour ensuite la dégringoler jusqu'à son point le plus profond et ténébreux. J'aimerais tant que ma perception de moi-même change, qu'elle évolue pour de vrai. J'y travaille vraiment fort, je vous le jure, mais on dirait que c'est peine perdue. Je m'enfonce toujours plus loin dans le gouffre. 

 

blind_date_by_KATTEMPLETON

Posté par Quidame à 06:06 - Commentaires [1] - Permalien [#]