Strange_Dreams__Pathway_by_puimun

Je dois avouer que ça fait tout de même un peu étrange de n'écrire que pour soi. En fait, j'ai toujours écrit pour ma propre personne, mais c'est la première fois que je n'ai pas de lecteurs avertis, de lecteurs actifs. Aucune vue, aucun commentaire. Il faut dire que j'ai délaissé cet espace virtuel pendant un long moment. Et qui sait si j'y serai toujours dans un jour? Une semaine? Un mois? 

Pour l'instant, ça me fait du bien d'écrire. Ça me fait du bien de jeter sur «papier électronique» mes pensées, mes réflexions, mes sentiments. Peut-être que je n'en ressentirai plus le besoin éventuellement. On ne sait jamais. Ce qui m'étonne, c'est d'avoir eu le flash d'inviter un ancien ami à me visiter ici, à me lire. Celui qui a toujours lu mes états d'âme lorsque j'étais une petite adolescente perdue. Celui avec qui j'ai décidé de laisser couler l'eau sous les ponts. Celui duquel je me suis éloignée pour ne plus être déçue ou blessée. C'est quand même bête, non? 

Au cours des derniers mois, ma naturothérapeute m'a fait acheter deux livres sur le cheminement personnel, dont un sur les étapes du pardon. Je ne sais pas si c'est cette lecture qui fait effet, mais on dirait que j'ai presque le goût de retenter une amitié avec lui. En même temps, je n'ai pas envie de me rembarquer dans un cercle vicieux. Si je décidais de monter à nouveau dans ce manège, je ne crois pas que mon amie me pardonnerait. Je ne crois pas qu'elle me soutiendrait. Elle m'a vu pleurer tant de fois pour ce lien d'amitié bizarre. Elle m'a tant de fois ramassé à la petite cuillère. Elle ne voudrait pas me laisser me rendre malade. 

Dans le fond de moi, je sais que cette relation amicale est malsaine. Je le sais, je le sens. Chaque fois, c'est la même chose qui se produit. Je me dis qu'il a changé, je lui ouvre ma porte, il est heureux d'avoir gagné mon attention et il en fait ce qu'il veut ensuite. Le pire, c'est que je connais maintenant son pattern par coeur. Par tous les moyens, il essaie de regagner ma confiance. Une fois que je la lui cède, c'est d'afirmer qu'il a obtenu l'objet de son désir. Il n'a donc plus besoin de rien et disparait à nouveau. Et moi, je reste là comme une poule sans tête, comme un pion joué et déjoué. Encore une fois, il me laisse en plan et je me sens conne. Vraiment conne.