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C'est là que je me rends compte que je ne parle pas beaucoup de ma personne à mes amies, que je ne parle pas beaucoup de mes émotions.

Je porte un masque même avec les gens qui occupent la plus grande partie ma vie. J'ai le visage d'une fille qui va bien, qui est heureuse, qui n'a aucun souci. Et pourtant, je ne suis pas une fille qui va bien, je ne suis pas une fille qui est heureuse, je ne suis pas une fille qui n'a aucun souci. Je cache mes plus profondes blessures au loin dans les tiroirs de ma tête. J'affiche un sourire pour écouter les autres, pour ne pas leur imposer mes tracas. 

Ce soir, mon amie m'a dit qu'elle avait hâte de me voir. Qu'elle avait hâte de voir une personne saine d'esprit, une personne qui n'est pas épouse de la déprime, une personne qui ne jongle pas avec mille problèmes dans sa tête. Et si seulement elle savait. Et si seulement elle savait à quel point je ne rentre pas dans sa description de la personne «saine d'esprit».

Effectivement, en ce moment, on vit tous une grande déprime. On ne va pas bien. On sombre tous dans un baril sans fond. Décidément, elle n'a pas de chance à son retour de voyage. On l'accueille avec nos bobos. Mais pas moi. Encore une fois, pas moi. Parce qu'au fil du temps, j'ai façonné mon personnage. Un personnage à la tête haute et à la vie bien réglée. Alors quand je la reverrai, je jouerai de nouveau la carte du beau rôle. Je m'effacerai pour ne pas déplaire, pour ne pas déranger, pour ne pas désemparer. Je me tairai pour rester le pilier, le pont qui soutient les autres. 

Des fois, je ne suis vraiment pas fière de moi.