20 août 2013

Être faible

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Je ne suis pas prête, je ne suis pas prête pour ça. Je ne suis pas assez forte, je suis trop jeune pour avoir à affronter une telle situation. J'ai pas ce qu'il faut, je ne suis qu'une trouillarde. J'ai la chienne. J'ai la câlisse de chienne. Je n'y suis même pas encore et j'ai seulement envie de prendre mes jambes à mon cou. Partir à courir et ne jamais revenir. 

Je ne suis pas prête, je ne suis pas prête à voir une amie dans un tel état. Je ne suis pas assez forte, je n'ai pas le courage nécessaire pour être sur place. La voir intubée, attachée au lit, piquée partout, entourée de fils à perte de vue.

Je ne suis pas prête, je ne suis pas prête à lui parler en me disant qu'elle m'entend peut-être. Je ne suis pas assez forte. Mais je me dois d'être forte pour sa mère. Pour sa famille. Lui serrer la main, ravaler les sanglots, éloigner les pensées sombres. Je ne suis pas prête, mais je me dois d'être prête. Et j'ai la chienne. Plus que jamais. 

J'me surprends à vouloir crier des bêtises aux gens qui m'entourent. À vouloir les faire taire. À vouloir les étouffer avec leurs petits problèmes futiles. À vouloir les poignarder avec leurs plaintes stupides et insignifiantes. À vouloir leur gueuler à tue-tête que j'me crisse de tout ce qu'ils ont à dire. Que pendant qu'ils pleurnichent sur des foutues niaiseries, y'en a qui se battent pour vivre. Y'en a qui sont dans une attente insoutenable. Y'en a qui vivent dans l'inconnu. Y'en a qui essaient de recoller leurs morceaux éparpillés pour continuer d'avancer. 

Je ne suis pas prête, je ne suis pas prête à ça. Je ne suis pas assez forte. Je n'ai jamais été une téméraire. Je n'ai jamais été patiente. Je ne suis pas prête de me rendre à l'hôpital demain et de la voir en soins intensifs. Je suis une poule mouillée. Personne ne m'a préparé à ça. Personne ne m'a dit que j'aurais à vivre ça un jour. Personne. 

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19 août 2013

Une attente sans fin.

Quand on attend des bonnes nouvelles qui ne viennent pas, on est toujours dans un état second, dans un état végétatif. Chaque petite seconde de mon temps est préoccupée par ce qui lui arrive. Chaque petite pensée lui appartient. Je suis incapable de décrocher. J'ai l'impression d'avoir été lobotomisée. Je marche d'une pièce à l'autre, je ne parle pas à personne. En fait, je traîne ma carcasse d'un bout à l'autre de la maison, j'essuie les larmes qui coulent, j'essaie d'éloigner les idées noires trop envahissantes, les scénarios imaginaires trop accaparants. Je baille, j'essuie d'autres larmes au passage, je fixe mon écran sans vraiment le fixer, je me roule en boule, j'attends. 

Quand on attend des bonnes nouvelles qui ne viennent pas, on vit dans une bulle malsaine, dans un monde parallèle. Les gens continuent de faire leur petite routine alors que toi, ta vie est mise en suspens. Tout tourne autour de toi à une vitesse phénoménale, mais le temps n'a plus aucune valeur dans ton espace personnel. T'as l'impression d'être une Alice qui tombe au fond d'un puits sans fond. T'es constamment en chute libre. La descente est interminable, incessante. Et pendant que tu vis cette montagne russe, ton cerveau se noie dans la panique et les inquiétudes. 

Quand on attend des bonnes nouvelles qui ne viennent pas, on a juste envie de «toute crisser là», de faire des trous dans les murs, d'arracher de la tapisserie et de crier à s'en écorcher les cordes vocales. 

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18 août 2013

Pas de nouvelles... mauvaise nouvelle.

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Hier soir, mon amie R. a été hospitalisée.

Au départ, il y a une semaine, elle devait venir dans ma petite campagne pour la fin de semaine. Puis, ses plans ont changé. Sa copine revenait du BC et, comme ça faisait un bon moment qu'elle ne l'avait pas vue, elle voulait à tout prix passer du temps avec elle. Notre week-end au bord de la piscine était écourté; elle prévoyait ne venir que dimanche finalement. 

Avant d'aller me coucher à 1 h 30 du matin cette nuit, j'ai fait la ronde de mes courriels et de mes messages téléphoniques. Une de mes amies avait tenté de me rejoindre cinq fois et la copine de mon amie, qui est plutôt une connaissance pour moi, m'avait envoyé un courriel pour savoir si j'avais eu des nouvelles de R. 

Non, je n'avais rien reçu. Comme je n'avais plus eu aucune réponse de R., je lui ai envoyé un message texto et un courriel avant de me mettre au lit. Question de savoir ce qui se passait et si elle venait toujours chez moi. 

En me levant ce matin, j'avais reçu un message de la mère de R. Mon amie ne s'est jamais rendue chez sa copine. Mon amie ne s'est jamais rendue chez ses parents avant d'aller voir sa copine. Ma copine ne s'est jamais pointée pour son covoiturage. Elle a été retrouvée inconsciente dans son appartement hier soir, à la suite d'un appel à la police effectué par sa mère. 

Depuis, elle est toujours inconsciente. Le personnel médical ne sait pas ce qu'elle a. On croit que c'est peut-être neurologique. On lui a passé un scan de la tête, mais sans succès. Ce matin, on l'a transférée aux soins intensifs et on prévoit lui faire un scan plus approfondi. Elle est revenue à elle-même quelques minutes au cours de la nuit, mais elle était agitée et complètement déconnectée de la réalité. Elle n'était pas là. Les docteurs ne sont pas en mesure de dire si son état est dû à une surdose de médicaments, mais l'hypothèse n'est pas balayée. Tous les détails sont vérifiés, contrevérifiés et analysés. 

Ce matin, j'ai parlé au téléphone avec sa mère et c'était une conversation très difficile. La maman de R. a toujours été droite, linéaire, rationnelle. Elle a toujours donné l'impression de vouloir contrôler ses émotions, de ne rien laisser paraître. Et là, sa voix était chevrotante, hésitante, émotive, voilée de pauses et de larmes. Et je ne savais pas quoi dire. J'étais tellement sous le choc. Je n'arrivais pas à trouver les mots justes. J'étais bouleversée, complètement paniquée, à des centaines de kilomètres de tout. 

Ça fait peur, tout ça. Vraiment peur. On dirait que je n'arrive pas à gérer la situation. En fait, je ne sais pas comment gérer mes émotions. Je ne comprends rien. Qu'est-ce qui s'est passé? Est-ce qu'elle a essayé de mettre fin à ses jours? Est-ce qu'elle a voulu endormir sa douleur au lieu d'aller à l'urgence? Est-ce que son corps a manqué de nutriments et elle s'est sentie faiblir? 

J'ai peur et je trouve ça crissement rough. Pis y'a la culpabilité qui embarque. Et si? Et si? Fuck.

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16 août 2013

Des fois, je rêve que je suis belle.

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Des fois, je rêve que je suis belle. Puis, je me réveille et je me regarde dans le miroir. Je me pince en espérant que je me réveille de nouveau. Mais non, je ne rêve plus. Je suis cette personne hideuse aux nombreux défauts de fabrication. 

Des fois, je rêve que je suis belle. 

Je n'ai pas cette bouche, je n'ai pas ces cheveux, je n'ai pas ces petits boutons rouges, je n'ai pas ces grains de beauté. je n'ai pas ces cicatrices, je n'ai pas ce double menton, je n'ai pas ces joues gonflées, je n'ai pas ce cou trop court, je n'ai pas ce dos courbé, je n'ai pas ces lourdes épaules, je n'ai pas ces seins imposants, je n'ai pas cette taille qui ne fait pas guêpe, je n'ai pas ce ventre ingrat, je n'ai pas ces hanches démesurées, je n'ai pas ce popotin gigantesque, je n'ai pas ces genoux informes, je n'ai pas ces chevilles grossières, je n'ai pas ces pieds meurtris, je n'ai pas mon apparence. 

Des fois, je rêve que je suis belle.

J'ai une bouche pulpeuse, j'ai des cheveux qui ondulent parfaitement, j'ai une peau satinée, j'ai un visage radieux, j'ai un menton mince, j'ai des joues roses, j'ai un cou allongé, j'ai un dos droit, j'ai des épaules frêles, j'ai des seins sublimes, j'ai une taille fine, j'ai un ventre plat, j'ai des hanches sensuelles, j'ai ce popotin féminin, j'ai ces genoux gracieux, j'ai ces chevilles délicates, j'ai ces pieds dansants, j'ai cette autre apparence splendide. 

Des fois, je rêve que je suis belle. Alors que j'ai les yeux écarquillés. Puis, je me regarde dans le miroir et je pleure. Je soupire en sachant que je suis éveillée. Eh non, je ne rêve pas. Je suis réellement cette personne hideuse aux défauts de fabrication honteux. 

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03 août 2013

Porter son masque

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C'est là que je me rends compte que je ne parle pas beaucoup de ma personne à mes amies, que je ne parle pas beaucoup de mes émotions.

Je porte un masque même avec les gens qui occupent la plus grande partie ma vie. J'ai le visage d'une fille qui va bien, qui est heureuse, qui n'a aucun souci. Et pourtant, je ne suis pas une fille qui va bien, je ne suis pas une fille qui est heureuse, je ne suis pas une fille qui n'a aucun souci. Je cache mes plus profondes blessures au loin dans les tiroirs de ma tête. J'affiche un sourire pour écouter les autres, pour ne pas leur imposer mes tracas. 

Ce soir, mon amie m'a dit qu'elle avait hâte de me voir. Qu'elle avait hâte de voir une personne saine d'esprit, une personne qui n'est pas épouse de la déprime, une personne qui ne jongle pas avec mille problèmes dans sa tête. Et si seulement elle savait. Et si seulement elle savait à quel point je ne rentre pas dans sa description de la personne «saine d'esprit».

Effectivement, en ce moment, on vit tous une grande déprime. On ne va pas bien. On sombre tous dans un baril sans fond. Décidément, elle n'a pas de chance à son retour de voyage. On l'accueille avec nos bobos. Mais pas moi. Encore une fois, pas moi. Parce qu'au fil du temps, j'ai façonné mon personnage. Un personnage à la tête haute et à la vie bien réglée. Alors quand je la reverrai, je jouerai de nouveau la carte du beau rôle. Je m'effacerai pour ne pas déplaire, pour ne pas déranger, pour ne pas désemparer. Je me tairai pour rester le pilier, le pont qui soutient les autres. 

Des fois, je ne suis vraiment pas fière de moi. 

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29 juillet 2013

Peur de l'inconnu

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C'est drôle comment notre perception de la vie peut changer avec le temps.

Quand on termine nos études secondaires ou collégiales, on veut à tout prix savoir ce qu'on va faire de notre avenir. On tient à démarrer notre carrière le plus rapidement possible, notre futur est déjà tracé. Tout est planifié de A à Z. Si on a la moindre petite hésitation, on panique. On se doit de savoir où on s'en va dans la vie et de réussir tout ce que l'on touche.

Puis, quand la fin du baccalauréat approche, on ne sait plus trop quels sont nos réels désirs. Théoriquement, notre diplôme aspire à une belle carrière et nous offre des outils pertinents en vue d'obtenir un premier emploi dans notre domaine. Mais on tombe malgré tout dans un mode «je ne sais pas».

Est-ce qu'on veut vraiment faire ce métier? Est-ce qu'on veut prendre part à d'autres formations? Est-ce qu'on veut entamer une maîtrise pour repousser notre arrivée sur le marché du travail? Les questions fusent de toute part et rien n'est plus certain.

Pourtant, le futur est désormais bien plus palpable qu'à la suite de nos études secondaires. Devant l'arrivée de notre vraie vie d'adulte, on recule. On tente de la repousser du mieux qu'on peut parce qu'il y a une petite peur qui s'installe en nous. Du moins, c'est ce qui se passe avec moi. 

À 12 ans, je voulais devenir une chanteuse professionnelle. À 17 ans, je n'en démordais pas; j'étudiais en théâtre musical pour gagner ma vie sur scène. À 19 ans, on me disait que je n'avais peut-être pas toutes les connaissances théâtrales nécessaires pour percer dans le métier. À 20 ans, c'était la panique totale; je n'avais plus aucun espoir pour mon futur et j'étais en train de foutre en l'air ma vie parce que je ne savais plus ce que je voulais. À 25 ans, je terminerai un baccalauréat dans un domaine concret et je ne suis plus du tout pressée de commencer ma carrière. 

Oui, c'est vrai. Maintenant âgée de 24 ans, je n'ai jamais été aussi perdue quant à mon avenir. Et le pire, c'est que ça ne me dérange pas tant que ça. Je ne sais pas si je veux passer ma vie à faire ce que j'ai étudié. Je ne sais pas si ça va me rendre heureuse ou non. Je ne sais pas si je veux habiter ici ou ailleurs. Je ne sais rien. Et je me dis que ça prendra le temps que ça prendra pour que les réponses viennent à moi. 

Pourquoi se lance-t-on aussi rapidement dans une carrière effrenée qui occupera presque toute notre vie? Pourquoi ne profite-t-on pas de notre jeunesse? Pourquoi sommes nous si pressés d'entrer dans la jungle animale des adultes? 

Je ne le sais pas. Et je n'ai plus l'intention de le découvrir tout de suite. Parce que j'ai décidé de ne pas entamer ma carrière dès ma sortie de l'université. Non, j'ai décidé de partir découvrir ce qui existe ailleurs. Avant qu'il ne soit trop tard, mais surtout, avant que j'aie de quelconques obligations. J'ai décidé d'opter pour un parcours sinueux, tordu et souvent jugé par les autres.

Mais je m'en fous parce que «the sky is the limit». 

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26 juillet 2013

L'art de se parler à soi-même

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Je dois avouer que ça fait tout de même un peu étrange de n'écrire que pour soi. En fait, j'ai toujours écrit pour ma propre personne, mais c'est la première fois que je n'ai pas de lecteurs avertis, de lecteurs actifs. Aucune vue, aucun commentaire. Il faut dire que j'ai délaissé cet espace virtuel pendant un long moment. Et qui sait si j'y serai toujours dans un jour? Une semaine? Un mois? 

Pour l'instant, ça me fait du bien d'écrire. Ça me fait du bien de jeter sur «papier électronique» mes pensées, mes réflexions, mes sentiments. Peut-être que je n'en ressentirai plus le besoin éventuellement. On ne sait jamais. Ce qui m'étonne, c'est d'avoir eu le flash d'inviter un ancien ami à me visiter ici, à me lire. Celui qui a toujours lu mes états d'âme lorsque j'étais une petite adolescente perdue. Celui avec qui j'ai décidé de laisser couler l'eau sous les ponts. Celui duquel je me suis éloignée pour ne plus être déçue ou blessée. C'est quand même bête, non? 

Au cours des derniers mois, ma naturothérapeute m'a fait acheter deux livres sur le cheminement personnel, dont un sur les étapes du pardon. Je ne sais pas si c'est cette lecture qui fait effet, mais on dirait que j'ai presque le goût de retenter une amitié avec lui. En même temps, je n'ai pas envie de me rembarquer dans un cercle vicieux. Si je décidais de monter à nouveau dans ce manège, je ne crois pas que mon amie me pardonnerait. Je ne crois pas qu'elle me soutiendrait. Elle m'a vu pleurer tant de fois pour ce lien d'amitié bizarre. Elle m'a tant de fois ramassé à la petite cuillère. Elle ne voudrait pas me laisser me rendre malade. 

Dans le fond de moi, je sais que cette relation amicale est malsaine. Je le sais, je le sens. Chaque fois, c'est la même chose qui se produit. Je me dis qu'il a changé, je lui ouvre ma porte, il est heureux d'avoir gagné mon attention et il en fait ce qu'il veut ensuite. Le pire, c'est que je connais maintenant son pattern par coeur. Par tous les moyens, il essaie de regagner ma confiance. Une fois que je la lui cède, c'est d'afirmer qu'il a obtenu l'objet de son désir. Il n'a donc plus besoin de rien et disparait à nouveau. Et moi, je reste là comme une poule sans tête, comme un pion joué et déjoué. Encore une fois, il me laisse en plan et je me sens conne. Vraiment conne. 

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24 juillet 2013

Au-delà du Web, fuir le concret

Depuis quelques temps, je suis inscrite sur un site de rencontre. En fait, pas un, deux. C'est une amie qui m'avait suggéré d'oser cette décision. C'est de cette manière qu'elle a rencontré des gens intéressants et qu'elle est tombée en amour. Ça fera bientôt deux ans qu'ils sont ensemble, son copain et elle. 

Et ce n'est pas la seule à avoir trouvé "la chaussure à son pied" sur un site du genre. Malgré mon grand scepticisme, j'ai décidé de tenter ma chance. Au cours de cette nouvelle démarche, j'ai découvert certains traits particuliers de ma personnalité. Je me suis rendue compte que j'étais vraiment une fille évasive, distante. 

Quand un gars intéressant m'approche, je me mets à lui parler d'une façon très amicale et sympathique. Puis, quand il me demande si on peut aller prendre un café ou un verre ensemble, je pars en courant. Je ne réponds plus à ses courriels, je joue à la morte. Sans aucun préavis. Je fais comme si notre conversation n'avait jamais existé. 

En d'autres mots, je suis cruelle. Sans même le vouloir, je joue avec ces hommes qui me portent attention. Je leur donne un peu de mon temps, j'attise les faux espoirs et hop, je disparais dans un trou noir. Je sombre dans un silence absolu. Qu'est-ce que cela raconte sur moi? Suis-je une mauvaise personne? What's up, doc?

En fait, pour être franche, dès que mes prétendants me demandent si je suis intéressée à les rencontrer, je panique. Je tombe en mode survie. Je commence à angoisser en me posant un nombre infini de questions. Même si je dis ouvertement sur mon profil que je suis une personne faisant de l'embonpoint, je me dis qu'ils n'ont peut-être pas lu mes informations générales, qu'ils n'ont pas vu mes photos. Ou que ces dernières ne me font pas justice quant à mon poids. Pourtant, je sais qu'elles montrent bien le fait que je ne suis pas une Barbie, loin de là. 

À partir de ce moment fatidique, de nombreux autres points d'interrogation me viennent à l'esprit. J'entame mon chemin de croix, truffé de dénigrement, de honte et de larmes. Je me déshabille devant le miroir pour torturer ma tête et mon image. Tout mon cheminement personnel en voie d'une quelconque acceptation meurt en une seule petite fraction de seconde. Pouf! Plus rien. Je ne vois plus que le négatif. Je triture mes bourrelets faits de gibelotte, je les cache sous plusieurs couches vestimentaires et je nie à nouveau la possibilité qu'une personne puisse m'aimer. 

C'est un cercle vicieux, je le sais bien. Et c'est malsain, je le sais aussi. Mais je ne peux pas m'empêcher d'embarquer encore et toujours dans cette roue empoisonnée, empoisonneuse, destructrice à souhait. J'imagine que je m'y plais et m'y complais. 

Au bout de quelques efforts, je parviens au haut de la montagne pour ensuite la dégringoler jusqu'à son point le plus profond et ténébreux. J'aimerais tant que ma perception de moi-même change, qu'elle évolue pour de vrai. J'y travaille vraiment fort, je vous le jure, mais on dirait que c'est peine perdue. Je m'enfonce toujours plus loin dans le gouffre. 

 

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22 juillet 2013

Les gens et le surplus

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Tout le monde ne s'intéresse qu'à la question pondérale. Encore et toujours. Moi, ça commence royalement à me tomber sur les nerfs. Pourquoi la société ne pourrait-t-elle pas s'arrêter plutôt sur l'intellectuel ou la personnalité? Mais non, elle doit s'attaquer au surplus de chair. Again and again

Arrêtez-vous quelques instants pour observer les gens dans leurs démarches personnelles, dans leurs discussions. Les premières choses qu'ils disent sont constamment en lien avec le poids d'une personne. Surtout quand ils parlent de connaissances qu'ils viennent de revoir il n'y a pas trop longtemps. 

«As-tu vu Mlle X? Mon dieu qu'elle a pris du poids!» «Ben non! Voyons chéri, y'est ben plus gros que toi.» «Ça d'l'air qu'elle a tout repris ce qu'elle avait perdu. C'est-tu pas effrayant?» «Ah, elle fait deux fois ma personne, c'est certain.» «Autour de tout ce monde-là, j'me sentais quasiment petite.» 

Je ne suis plus capable d'endurer ce genre de commentaires. C'est énervant et j'entends ça partout autour de moi. Ayant moi-même un surplus de poids, c'est "plaisant" de savoir que c'est la seule chose que les autres retiennent de toi quand ils te croisent. Fuck le «Elle a une belle carrière en vue» ou le «Elle semblait heureuse». Nope. Rien d'autre que le «J'l'ai pas reconnue; elle a pris beaucoup de poids depuis la dernière fois.» 

Pourquoi la société n'est pas capable de mieux? D'être meilleure? Pourquoi n'est-elle pas capable d'arrêter d'alimenter les jugements gratuits? C'est blessant, très blessant. 

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21 juillet 2013

La psy et moi

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Cette semaine, je suis allée à ma première consultation psychologique et je dois avouer que j'avais complètement la frousse. Il faut dire que je n'ai jamais ressenti un sentiment positif à l'égard des soins de psychologie. Depuis toujours, je m'étais dit que je n'aurais jamais recours aux services d'un psychologue. Et voilà que je me suis retrouvée ce mercredi dans un bureau intimidant avec une dame qui prend des notes sur un bout de papier. 

J'angoissais. Je le savais, elle le savait. Je le sentais, elle le voyait. Je n'arrivais pas à contrôler ma nervosité. Je frottais frénétiquement mes mains entre elles, faisant aussi craquer mes doigts. 

Elle m'a posé plein de questions pour bâtir un premier portrait de ma personne, de mes bibittes. Je ne croyais pas être capable de parler, mais tout est plutôt bien sorti en fin de compte. Je pense que je me sentais intimidée devant son titre. Après tout, elle était une professionnelle de la santé mentale. Elle me demandait des informations précises et je n'osais pas lui mentir. C'est comme si j'avais peur qu'elle découvre que je disais des conneries. Alors j'ai dit la vérité, que ma vérité. 

À plusieurs reprises, une larme m'est montée à l'oeil. J'ai toutefois réussi à garder mes émotions pour moi. Après tout, ce n'était qu'une première consultation, une consultation ayant pour but de trouver la psychologue qui me serait la plus bénéfique. Ce n'était certainement pas le moment de tout déballer. 

Chose certaine, je me suis rendue compte que j'avais peut-être un profil lourd. Du moins, c'est ce que j'ai cru en comprendre en parlant avec la dame. Elle m'a dit que j'avais pris une excellente décision de venir consulter parce que j'avais beaucoup de stresseurs à gérer. Je ne sais pas vraiment quoi penser de tout ça. J'imagine que je verrai à quoi tout cela rime avec le temps. 

Mais ça me fait peur. J'ai la chienne. Parce que je crois bien que je ne veux pas aller à certains endroits, que je ne souhaite pas revisiter certains moments de ma vie. Le problème, c'est que je ne suis plus confortable non plus à vivre dans un mécanisme de défense où je range mes émotions dans un petit tiroir pour les oublier, pour prétendre qu'elles n'ont jamais existé. Ce n'est pas sain, toute cette histoire. Et je commence à perdre le réel contrôle de mon mécanisme. Peut-être même de moi-même. 

J'espère donc que cette démarche pénible et incertaine saura m'apporter un peu de bonheur et de paix intérieure. Mais surtout, quelques outils pour apprendre à avec mes émotions et avec ma personne. 

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