16 juillet 2013

La peur aux entrailles

Bye_Bye_dreams_____by_Ernestgirl

Hier, j’ai eu la chienne de ma vie. Du moins, une maudite chienne. Et pourtant, elle n’a duré qu’environ deux minutes. Quand on dit que le temps s’allonge et s’étire dans les moments de panique...

Depuis qu’il est tout petit, mon frère a toujours été un garçon sensible. Fragile, je dirais même. Il n’était pas encore bien grand qu’il avait déjà une obsession pour le danger. Il pulvérisait les fils électriques avec des ciseaux, attrapait des chocs. Il courait dans la maison avec des couteaux de cuisine, menaçait de me tuer. Il ne comprenait pas le sens de la vie, il parlait plutôt de la mort. Je ne me souviens plus très bien de tous les détails, mais avant même l’adolescence, il nous avait dit qu’il se suiciderait.

État de choc. Corps qui bascule dans le vide, tête qui roule à cent miles à l’heure, la profonde impression que tout éclate de l’intérieur comme de l’extérieur. Je n’avais peut-être même pas dix, douze ans à ce moment-là. Je ne savais peut-être même pas la signification de ce mot à ce moment-là. Comment lui, aussi infime et jeune, pouvait-il le connaître? L’intégrer dans son vocabulaire?

Et pourtant, quand on plongeait nos yeux dans les siens, on savait. On savait qu’il savait. Ce n’était pas juste des paroles en l’air. Ses yeux étaient vides, ses paroles étaient remplies de vérité, d’une froide et triste vérité.    

Cette fois-là, mes parents lui ont enlevé le couteau et lui ont expliqué qu’il ne fallait pas commettre un tel geste. Et à partir de là, toute cette histoire est devenue taboue. Pourtant, il a recommencé une fois, deux fois, trois fois. Je ne sais plus trop. On ne fait pas le décompte de ces choses-là. On ne veut pas le faire.

Quand tout tourne au noir dans la tête de mon petit frère, il ne voit plus le bout du tunnel. Je le sais, c’est cliché, mais c’est ça quand même. On rompt avec lui? Pour lui, on part avec un morceau de son coeur et il croit alors qu’il ne sera plus jamais aimé. Il referme l’étau sur sa personne et se remet à noircir ses idées.

Il y a quelques années, il a avoué à ma famille qu’il n’était pas heureux, qu’il ne l’avait jamais été et qu’il ne le serait probablement jamais non plus. Il voulait aller consulter un psychologue, mais il n’était pas foutu de faire les démarches. Et je ne me rappelle plus trop si mes parents ont essayé de faire un bout de chemin avec lui. Sans doute. Chose certaine, il n’a jamais rencontré un psychologue au bout du compte.

On n’est plus aussi proches, lui et moi, moi et lui. Je le voudrais, mais la distance nous sépare. Nos idéaux et nos prises de tête aussi. Malgré tout, je sais qu’il vit un moment difficile. Une amourette, comme toujours. Une histoire de butinage, de manque de confiance et de peur de l’engagement. Une aventure qui dure depuis des lustres déjà. On, off, on, off, on, off.

Elle a 26 ans, il en a 21. Elle veut des enfants, il n’est pas prêt. Elle est acheteuse compulsive, il paie tout. Elle accumule ses dettes, il les élimine pour elle. Et ce, avec un pauvre petit salaire. Elle lui ment, il apprend la vérité de la bouche de la société. Enfin, peu importe.

Après plusieurs mois de fréquentation suite à une vie de couple et de cohabitation, il lui a dit qu’il voulait la reprendre. Pour de bon, cette fois-ci. Il lui a dit qu’elle était sa tendre moitié et qu’il ne voulait plus jouer au jeune immature qui va voir partout. Elle lui a mentionné qu’elle ne voulait plus être jouée, qu’elle ne savait pas si elle voulait le reprendre. Depuis une semaine, il a les yeux rougis. Depuis une semaine, il avoue ses torts, elle se présente chez mes parents et appuie ses dires devant eux, elle met tout le blâme sur lui. Et pourtant, elle n’est pas un ange, elle non plus. Il n’est pas le seul dans toute cette histoire. Croyez-moi, elle le manipule depuis un bout de temps déjà, mais elle le laisse parler, elle le laisse s’excuser en refusant toute accusation.

Il éclate, il a l’impression de se noyer. Il croit qu’il ne pourra jamais plus trouver une femme qui l’aime. Il croit que sa vie est finie. Et moi, je me dis que si c’est ça l’amour, ça ne vaut pas le coup. À voir comment elle agit avec lui par moments.

Puis hier, il m’a foutu toute une chienne. Il met sur Facebook une citation, “une belle citation” qu’il dit. À propos du suicide. Quelque chose du genre: «Ne me suis pas si je me suicide, je veillerai sur toi pour que ta vie s’embellisse.»

Il y a peut-être des centaines de kilomètres qui me séparent de lui. Je capote. J’informe ma mère, je lui dis qu’il parle de suicide et d’amour. Elle panique. Je lui dis de ne pas paniquer, comme si je comprends le tout au deuxième sens. Je lui dis qu’il dit qu’après tout, ce n’est qu’une citation. Non? Je lui dis qu’il a toujours été fragile.

Et là, le déclic survient dans ma tête. Tout explose. Ou tout implose. «Et si? Et si?» Ma mère l’appelle, il ne répond pas. Là, c’est une alarme stridente qui se met à sonner dans ma tête.

Je suis assise sur mon lit avec le ventilateur qui me lance de l’air en pleine figure. Je sens mon corps se ramollir, je me sens défaillir. En deux secondes, je me mets à pleurer frénétiquement.

Il ne répond pas. Il ne répond pas à son putain de téléphone. Je le texte. Attente.

Mes pleurs deviennent incontrôlables. Ma colocataire est dans la pièce d’à côté. Normalement, j’aurais tout fait pour retenir mes sanglots. Là, je ne peux pas m’en empêcher. C’est plus fort que moi. Ça déferle tout seul.

J’attends toujours, les yeux noyés de larmes. Puis, il me répond. Il me dit que ce n’est qu’une citation. Pourtant, je ne suis pas soulagée. Je ne peux toujours pas m’arrêter de pleurer.

Je lui dis que dans la vie, on aime souvent les citations qui cachent un fond de vérité et une tristesse étouffée. Et à ces mots, il me dit qu’il m’aime.

Chaque fois qu’il gribouille des idées noires, ma gorge se noue et ma poitrine se serre. Et par-dessus tout, je me sens complèment impuissante devant son profond désespoir. Mon coeur de grande soeur ajoute une autre écorchure à son éventail de blessures.

Aujourd’hui, il est en vie. Mais qu’en est-il de demain? Il n’a jamais caché ses émotions quant au suicide. Et si un jour, il passait réellement à l’acte? Et si un jour, je le perdais pour de bon?

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09 février 2013

Être à la même place des années plus tard.

_Update__Snow_by_ZorinBlitz

Près de trois ans en-dehors de cette plateforme. Près de trois ans et pourtant, je n'ai pas évolué. 

J'ai commencé à aller à des séances de Reiki. Je crois bien que ça réveille certaines choses en moi. Des vieux démons, des fantômes du passé. Depuis bientôt une semaine, je n'arrête pas de pleurer. Je n'ai pas l'habitude d'accorder une place à mes émotions. Et là, tout semble sortir en même temps. Ça me fait mal, ça me fait peur.

On m'a dit que c'était sans doute la pointe de l'iceberg. Ça me fout la chienne de penser ça, de me dire que j'en ai encore pour un bout de temps à verser des larmes et à être perdue. J'ai l'impression de revenir dix ans en arrière. C'est tellement con. Je n'arrive plus à me concentrer, je n'ai jamais envie d'aller à mes cours, je veux juste me rouler en boule pis attendre que ça passe. Survivre. 

Je crois que j'ai besoin d'aide. Y'a trop de choses qui se passent en même temps, y'a trop de choses que j'ai longtemps gardées pour moi. Je prends une décision puis je veux la ciseler, la défaire. Je ne suis plus certaine de rien. Je suis complètement confuse. 

Est-ce mon armure qui ne tient plus le coup? Est-ce mon masque qui tombe au sol? Est-ce que j'ai déjà été heureuse? Est-ce que je suis un monstre? Qu'est-ce que je suis devenue? Où est-ce que je me suis cachée? Sous combien de couches me suis-je enfouie? Est-ce que j'existe encore? Est-ce que j'ai déjà existé? Est-ce que je ne suis plus qu'une simple image? 

Je capote complètement. Je suis perdue. Je ne sais plus vers qui ou quoi me tourner. Est-ce que ma vie s'effondre? Je n'ai plus aucun contrôle, aucune maîtrise sur moi. Je suis une montagne russe. Je suis une âme ambulante dont le coeur ne sait guérir. 

Qu'est-ce qui ne va pas chez moi? Est-ce qu'on me réparer?

I'm a mess, a huge mess.
And I'm broken, so broken. 

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09 novembre 2010

The end is near.

Ça va craquer, ça va tellement craquer. 

Tout va éclater bientôt. Parce qu'on en a plus que marre et qu'on arrive plus à la supporter. C'est épouvantable, c'est horrible, je n'aurais pas pensé qu'on arriverait jusque-là. Mais bon, j'imagine que c'est la vie. Parce que là, ce n'est plus vivable. Dire que l'an passé, tout allait bien... Et le plus triste dans cette histoire-là, c'est probablement parce qu'elle ne va pas bien qu'elle agit ainsi. 

Ça va tellement exploser fort. Ce ne sera pas beau à voir. Aussi hideux qu'une scène de crime bourrée à craquer de sang et de membres contaminés de tout bord, tout côté. Seigneur que ça va être affreux.

La tension monte de jour en jour, on va craquer bientôt. Moi, déjà, je ne lui parle plus. Je ne lui adresse plus la parole, je l'évite et je ne la regarde même plus. Parce que je n'ai que des paroles méchantes qui retentissent dans ma tête. Ouch, ça va faire tellement mal. 

J'pense pas qu'on réussira pas à recoller les morceaux cette fois-ci. C'est peut-être la fin d'une belle amitié de dix ans. C'est vraiment malheureux. J'espère que ça ne se terminera pas ainsi. Je me croise les doigts très très fort, mais l'espoir n'est qu'un mince filet dans la situation présente. Je n'ai tellement pas hâte de voir comment tout va dégringoler. Ce sera pas beau, je vous le dis, ce sera pas beau.

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12 octobre 2010

Ouf, it's been a long long time. 

Je suis disparue tellement longtemps et je ne crois pas avoir l'intention de revenir quotidiennement. Même si dans le fond, il y aurait plein de choses à dire, plein d'histoires à raconter. 

J'me suis déconnectée, j'me suis débranchée. J'avais presque l'impression que ce n'était plus qu'un fardeau, une obligation. Alors j'me suis coupée du monde de la blogosphère et j'ai écrit ailleurs autrement. Sur des bouts de papier et sur des documents informatiques. J'ai écrit des mots qui faisaient mal, des mots doux, des mots choquants, des mots qu'il me fallait crier sous forme de dialogues. En tête à tête avec moi-même. 

J'respire presque mieux maintenant. Ou plutôt, j'arrive à survivre. J'arrive à survivre malgré les détails qui me tracassent et qui me tuent encore et encore chaque jour. Oui, je sais. Je suis lourde, je suis lourde à lire pour de nouvelles paroles sur mon petit espace, mais... Just too bad. 

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15 mars 2010

21e anniversaire ou...

L'art d'avoir les meilleur(e)s ami(e)s du monde.

Parce que ouais, je déprime à chaque année à la venue de ma fête. Parce que je vieillis, j'ai peur, j'aime pas ça et je suis encore une enfant. Et là, comme d'habitude, je préfère passer mon temps toute seule à être malheureuse que de profiter de mon anniversaire comme excuse de sortir. Mais là, j'ai fêté mon non-anniversaire tout le week-end.

Et j'ai même eu droit à une surprise dimanche soir. Je suis arrivée à l'appartement, on m'a bandé les yeux, on m'a donné des indices pour mon cadeau et quand j'ai ouvert les yeux, y'avait plein de gens sympathiques. Oui, c'est l'art d'avoir des ami(e)s extraordinaires. Ma colocataire a passé sa soirée à cuisiner des petites entrées pour tout le monde et me donner des refill de punch. Miam.

Pis devinez quoi? J'ai eu la chose la plus merveilleuse au monde: un jeu d'échecs avec comme figurines les... SCHTROUPFS! Oui oui. C'est un chef d'oeuvre pour les yeux qu'on avait vu en décembre, ma coloc et moi. Résultat? Elle a rassemblé des personnes pour me l'obtenir. WOW. Tellement beau, tellement magnifique. Et j'ai maintenant un superbe livre de "Où est Charlie?" à regarder encore et encore.

Est-ce que j'ai vraiment 21 ans aujourd'hui? Non, je ne le pense pas. En fait, je l'ai gueulé toute la semaine; après 20 vient toujours 12. Alors oui, en ce matin précoce, j'ai officiellement 12 ans. Et je déprime peut-être moins qu'à l'habitude grâce aux petits bonheurs de ma soirée bien arrosée par de belles amitiés et un peu d'alcool, tout de même.

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16 février 2010

Eille en-haut, crissez-nous patience, man!

Avez-vous fini de nous faire chier et de nous lancer toutes les badlucks du monde? Est-ce qu'on pourrait nous laisser respirer ne serait-ce qu'une année en paix? Quelques mois? Quelques semaines? Est-ce que c'est vraiment trop demandé? On pourrait pas ne pas être sur les nerfs pour un p'tit boutte?

Esti, lâchez-nous, s'il-vous-plaît. Qu'est-ce qu'on a fait pour mériter tout ça, hen? Hen? Crisse.

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12 février 2010

TONIGHT, I FEEL LIKE SHIT.

J'aurais le goût de le dire à tout le monde, de le crier à tue-tête. À m'en casser la voix. Sur un toit d'immeuble, tiens. Avec un projecteur à la main. Ou un micro. Pourquoi pas. Parce que ce soir, j'ai vraiment l'impression que je suis une merde. Une pure et véritable merde. Et je n'ai même pas de raisons à ce sentiment. Pas d'explications, pas de réflexions, seulement un fait. I feel like shit, real big shit, man.

teleadiccion_by_lucyluh

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04 février 2010

Mam.

Demain matin. 10h45. Pensez à moi. Envoyez-moi toutes vos ondes positives. C'est ma mammographie. Je me meurs en ce moment, ça me rend tellement nerveuse et pissou. J'ai le goût de pleurer comme un gros bébé en boule sur mon lit. Mais bon, j'imagine que je suis une grande fille. J'ai peur. Alors ayez une petite pensée pour moi. Pensée positive, po-si-tive, Quidame. Oui oui. Gosh, man.

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25 janvier 2010

Don't tell Mama... ?

Verdict? Une mammographie. Je dois prendre un rendez-vous pour une mammographie. Pour savoir si c'est seulement un petit kyste ou l'annonce d'une mauvaise nouvelle. La docteure (bien bête!) n'était pas certaine de son call alors elle a décidé de m'envoyer passer l'examen.

Résultat? Je freake out encore plus. Parce que je sais que je vais passer sous la machine et que je suis un véritable bébé. Un pissou, une peureuse. J'ai peur que ça fasse bobo. Ben quoi? Ça ne doit pas être très très agréable, non?! En tout cas, j'angoisse encore, mais bon... je me dis encore une fois que ce sera pour le mieux?

Ah, I wanna die.

Et puis, je ne sais pas si je devrais le dire à ma maman ou non. D'un côté, j'aimerais me soulager un peu en enlevant un poids sur mes épaules, mais de l'autre, j'ai peur qu'elle s'inquiète beaucoup trop pour moi. Je suis dans un vrai petit dilemne. Je ne sais pas ce qui est meilleur. Lui en glisser un mot? Attendre d'avoir tous tous tous les résultats? Me taire et endurer toute seule sans le réconfort d'une maman ou prendre la chance de la rendre nerveuse? God damn, je sais pas.

Stay_here_by_wollywell57

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23 janvier 2010

Clinically dead.

Je m'en vais à la clinique médicale demain, dimanche matin. Je freake out en ce moment. Moi, fille beaucoup trop pudique pour vivre, s'en va montrer sa poitrine à une pure inconnue pour savoir si la bosse est maligne ou non. Je me meurs à l'intérieur. Je suis tellement gênée et honteuse. Ouais, c'est ce qui arrive quand on a pas un seul once d'amour envers soi-même. Ou de confiance en soi.

Et puis, il y a aussi le résultat qui m'inquiète énormément. Je ne dois pas paniquer, je le sais bien, mais malgré tout, on a toujours une méga giga boule d'angoisse pognée dans la gorge. Parce que si c'est malin, eh bien, ça bouscule certaines choses, hen. Mais bon, je suis positive, tout sera number one et on n'aura même pas à transférer mon dossier à un spécialiste. Parce qu'une mammographie, non merci. Ça semble tellement douloureux! Et puis, ça n'a aucun sens. J'ai 20 ans, je ne peux pas avoir un cancer du sein. Je suis trop jeune, non?

Enfin, je stresse vraiment à l'idée d'aller à la clinique demain, mais je crois que c'est pour le mieux. Je vais arrêter de m'énerver pour rien et j'aurai l'heure juste sur cette bosse suspecte.

Bon, voilà. C'était mon cri du coeur en ce samedi matin.

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