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«Ayoye, ça fait mal.»

C’est pas mal la seule chose que je peux dire et répéter depuis un peu plus d’une semaine. L’opération s’est bien déroulée ; il n’y a aucun signe d’échec dans la tentative, aucune infection, tout va pour le mieux, mais… d’un autre côté, la convalescence commence à se faire interminable. Encore à ce jour, je ne peux ni m’asseoir, ni me pencher ou même rester debout trop longtemps sans ressentir un inconfort. Je suis confinée au lit 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, les journées comme les nuits.

On a installé un matelas dans le salon afin que je puisse regarder un peu la télévision pendant le jour, mais mon corps en a maintenant plus que marre. Comme aucune position n’est confortable, il n’en fait qu’à sa tête et m’assène des douleurs dans les jambes. Je ne peux pas rester couchée sur un côté trop longtemps parce que le mal commence à se faire sentir et je dois alors me trouver une nouvelle position. Évidemment, il est hors de question de dormir sur le dos puisque la douleur est insupportable et ne permettrait pas au bobo de guérir.

Je dois me rendre au CLSC chaque matin pour faire changer mon pansement et m’assurer, du même coup, que l’infection ne s’incruste pas dans ma plaie. Les points de suture sont sensibles, très sensibles, mais ils seront enlevés dès lundi prochain si tout est beau. Comme on a déjà repoussé la date de cet événement de quatre jours, on le fera peut-être à nouveau, car le dernier point est extrêmement fragile et me joue bien des tours. À chaque mouvement, il bouge et se met à saigner. Mais on verra bien en temps et lieu.

Je ne prends plus d’antidouleurs, mais ceux-ci m’ont aidé à survivre aux premiers jours de convalescence et ce, en me faisant même halluciner quelques fois! Je vais mieux, j’ai réussi à dormir ma première nuit (pas au complet, j’en conviens) hier soir. Le bonheur total ce matin à mon réveil. Je marche un peu mieux, le canard semblant vouloir se départir (enfin) de moi.

Je n’attends plus que le moment où je pourrai enfin m’asseoir, bouger un peu, manger à la table avec la famille et finalement déménager. Le temps est long, le temps est pénible, mais je vais y arriver. J’ai des moments de fatigue extrême et de détresse, mais je passe au travers. Attendre la guérison du bobo est d’une véritable lourdeur, surtout quand tu en es réduit(e) à gaspiller ton temps sur un matelas devant la tv. Et qu’en plus, ta mère ne fait que rire de la situation quand elle pourrait comprendre qu’une convalescence n’est pas simple du tout, en ayant déjà vécue une, et compatir un peu…

En résumé, j’existe. Je suis toujours en vie, je m’ennuie, je m’emmerde, je suis au bord de l’écœurement total, mais d’ici quelques temps, je pourrai reprendre le cours normal de ma vie. Alors courage, je vais m’en sortir, je me dois de rester positive.